Un livre unique
Chargé d’embruns, de lumière, de pierres et d’eau signé par deux créateurs au parcours « atypique » : Jean-Pierre Abraham (1936–2003), écrivain, gardien du phare d’Ar-Men entre 1961 et 1963, Yves Marion (1936–2007), artiste peintre, arrivé en septembre 1961 pour vivre sur l'île de Sein, peindre la mer, les lumières, les bateaux, la vie des hommes et des femmes sur cette mince bande de terre au ras de l’océan…
Ils se côtoient sur l’île, lors des séquences de repos à terre de Jean-Pierre Abraham, s’apprécient, entretiennent des échanges enflammés sur leur travail de création jusqu’à se lancer un défi : réaliser un projet créatif en deux temps, dans deux espaces séparés, l’un dans sa chambre sur Ar-Men, l’autre dans son atelier, suivant un protocole défini préalablement comme le décrira plus tard Jean-Pierre Abraham dans Armen.
Une expérience créative hors norme
Au rythme des relèves, Yves Marion confie une trentaine de monotypes noirs et blancs sur papier à Jean-Pierre Abraham qui les accepte tous, les monte dans le phare et va, durant tout un hiver, à partir de ces dessins organisés dans un ordre précis par le peintre, écrire, en résonance, des textes, dire avec ses mots et ses silences la puissance de l’île, ses habitants, le ciel, la mer, le vent, les pierres, soit trente et un poèmes séquencés en trois temps, « Étoilerie », « La mer à voir »,« Pierres
et coups », qu’Yves Marion accueille sans en modifier aucun.
Journal d’hiver, Armen-Sein est né de cet accord.
Si les deux amis quittent l’île de Sein la même année, en 1963, ils poursuivent leurs échanges jusqu’à l’aboutissement du projet, Yves Marion rassemblant en un exemplaire unique poèmes calligraphiés de sa main et monotypes originaux sous un même grand format.








